En septembre 2026 s’est tenu l’Assemblée Générale de l’ONU, rassemblant près de 130 chefs d’État et de gouvernement à New York. Cet événement est censé être le rendez-vous annuel le plus important de la diplomatie mondiale, dans l’idéal on s’attend à un changement, ou du moins une évolution. L’ordre mondial est fragilisé par de nombreuses guerres comme celle en Ukraine ou encore le conflit impliquant l’Iran: les tensions commerciales continuent de se développer. Les États doivent également faire face à la montée de l’intelligence artificielle (IA) qui s’impose de plus en plus. On comprend donc que tous ces États partagent d’une certaine manière les mêmes crises, mais pas toujours les mêmes solutions.


Les débats sont dominés par 2 conflits majeurs:

D’un côté  la guerre en Ukraine qui dure depuis bientôt 7 ans, avec une poursuite d’affrontements  entre les deux pays qui ne trouvent toujours pas d’accord de paix. Les négociations n’aboutissent pas, elles sont plutôt orientées vers les infrastructures énergétiques et la navigation en mer noire. Les deux camps envisagent une trêve énergétique. Le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, propose d’arrêter de toucher les raffineries russes si Moscou arrête de viser les infrastructures énergétiques ukrainiennes, ils négocient également l’arrêt des attaques sur les cargos dans la mer Noire car cela perturbe les 2 économies.

D’un autre côté en ce qui concerne l’Iran et l’Asie de l’ouest, Donald Trump défend la campagne américano-israélienne contre l’Iran, expliquant que cela empêcherait Téhéran d’acquérir l’arme nucléaire afin de protéger l’Israël, Trump atteste également que l’Iran soutient des groupes terroristes comme le Hamas. À cela, l’Iran dénonce un double standard ou une application inégale des règles internationales, déclarant que la communauté internationale surveille étroitement ses capacités militaires là où Israël (n’ayant pas signé le traité du non prolifération nucléaire) est doté d’armes nucléaires sans être soumis à la même inspection sur la scène internationale.

Le conseil de sécurité n’a pas permis de dégager un accord politique commun. Les divergences d’intérêts entre les États freinent la prise de décisions, cela illustre les difficultés des Nations Unies à transformer le dialogue multilatéral de l’Assemblée Générale en action collective concrète. L’ONU est devenu un sujet de conflit en lui-même, Trump critique l’organisation et a même annoncé des réductions budgétaires en remettant en question des institutions internationales, tout ceci en défendant une diplomatie liée aux intérêts américains. Malheureusement, cela illustre le déclin du multilatéralisme traditionnel et de la tendance des grandes puissances à privilégier des accords bilatéraux ou rapports de force unilatéraux.

Au-delà des conflits belliqueux, le sujet de l’IA était central lors de cette Assemblée Générale, en effet elle est devenue un enjeu de puissance, le Secrétaire Général António Guterres a appelé à un encadrement international de l’IA et une entraide internationale sur la gestion des risques. Les pays du sud ont demandé à participer à l’écriture des règles craignant une nouvelle forme de dépendance technologique, là où Trump a rejeté l’effort mondial de régulation de l’IA. C’est de cette manière que l’on voit que l’IA est le nouveau visage de la rivalité internationale qui se joue non seulement sur les champs de bataille, mais aussi dans les data centers et les institutions qui créent de nouvelles régulations.

D’autres grands thèmes assez récurrents ont été touchés comme les objectifs de développement durable qui sont loin d’être atteints, les pays africains ont relancé leur demande de réforme du conseil de sécurité jugeant que sa composition ne reflète plus le monde actuel. On comprend donc grâce à cette Assemblée Générale, qu’aujourd’hui la définition de sécurité a changé et qu’elle se répand sur plusieurs échelles, les priorités changent mais aussi la manière de se placer sur la scène internationale en tant que grande puissance.

– Sara El Goubi