Nous avons eu la chance d’interviewer Geneviève Ancel , présidente de l’UNICEF Rhône-Loire-Ain et Louise Thonnerieux, stagiaire et jeune ambassadrice à l’UNICEF. Avec elles, nous avons pu en apprendre plus sur l’UNICEF et ses actions.

Pourriez vous nous expliquer l’organisation de l’UNICEF Rhône-Loire-Ain ?
Genevieve A. – Tout d’abord, nous sommes seulement des bénévoles en France, soit 5000-6000 bénévoles, tous membre d’UNICEF France, une association internationale qui est accrédité par l’agence des Nations Unis, qui vient en aide aux enfants en difficulté. L’UNICEF a été créé après
les dernières guerres mondiale, face à des situations évidemment insoutenables pour des millions d’enfants.
Il est aussi important de rappeler que l’Unicef a un rôle majeur notamment grâce la convention internationale des droits de l’enfant, un texte signé par tous les pays du monde. Ce texte vient protéger la vulnérabilité des enfants et compléter la déclaration universelle des droits de l’Homme.
Nous fonctionnons donc en relations par le biais du siège à Paris, avec des salariés avec l’Unicef international et nous intervenons d’une part pour de la collecte de fond, mais aussi pour un plaidoyer local pour faire en sorte que les villes à hauteur d’enfants deviennent une réalité petit à
petit. Nous sommes également là pour sensibiliser aux droits de l’enfant dans les écoles, le périscolaire, des collèges ou encore des universités grâce à chacun qui peut devenir bénévole.
Le fonctionnement qui personnellement me touche le plus est qu’entre 10 ans et 26 ans, on devient jeune ambassadeur et chaque enfant, chaque jeune qui adhère ainsi a, lors de l’assemblée générale, sa voix. Chacune de ses voix compte autant que la mienne, je trouve dans ça une forme d’égalité de reconnaissance et de mise en valeur de l’engagement des jeunes dès le plus jeune âge.
Est-ce que vous pourriez nous expliquer vos deux rôles ?
Louise T. – Dans un premier temps je vais avoir des formations, notamment pour faire la sensibilisation auprès des publics scolaire et périscolaire. Ensuite, j’ai une partie communication pour faire le relais avec le site Internet et réseaux sociaux. Mais aussi la partie plaidoyer avec les collectivités territoriales ou encore aider lorsque les bénévoles sont en déplacement. Je fais ce stage volontaire dans le cadre de mes études en sciences sociales. J’ai pu avoir ce stage en postulant spontanément.
Geneviève A. – En tant que présidente je suis tout d’abord censé arbitrer. J’ai une méthode de management que j’ai pu utiliser dans ma vie en pilotant en tant que directrice générale, des grandes villes ou des interventions. J’ai par exemple, été chef de cabinet à 26 ans du ministre de l’environnement. J’ai une méthode de management qui est très interactive, qui cherche à donner la plus grande capacité d’interaction, de créativité, d’intelligence collectives dans une forme d’éducation bienveillante que nous essayons de promouvoir à l’UNICEF.
Mais je ne suis pas en situation de direction générale, je suis bénévole, au même titre que tout un chacun ici quelque soit son âge et son envie d’engager et de s’engager. L’idée est donc de trouver le moyen que tout un chacun, moi y compris, prenions du plaisir à faire ce que l’on fait. Se sentir aussi parti prenante, se sentir contributeur et contributrice.
Il y a une secrétaire générale, il y a une une vice délégué, qui est devenue déléguée à 19 ans et qui a 20 ans maintenant, et qui est à la fac de droit. Dans l’Ain, dans le Rhône ou dans la Loire, nous voulons que chacun puisse trouver sa place en se formant à la sensibilisation de l’enfance
mais aussi au plaidoyer local. Le but étant de rassembler des idées sur la manière de mener des collectes pour venir en appui au besoin d’intervention pour la nutrition, les vaccinations, l’éducation, l’accès à la santé aux soins et à l’eau pour les enfants dans tous les pays du monde.
Cela veut aussi dire être en capacité en tant que présidente d’interagir et d’intervenir par exemple, au vu de la sortie du baromètre des enfants à la rue. Ce baromètre des enfants à la rue signalé par l’Unicef et les acteurs de la FACE (fédération des acteurs de la solidarité) qui repère maintenant depuis la huitième année, une sorte de photographie de combien d’enfants, dans une nuit du mois d’août avant la rentrée scolaire, ne peuvent pas accéder même à un hébergement d’urgence. Le gouvernement s’était engagé a ne laisser aucun enfant à la rue, malheureusement 2355 ont été recensés. Derrière chacun de ces enfants se trouve une vie qui ne peut pas se développer et s’épanouir comme elle devrait. Cela est extrêmement important que nous puissions
aussi être acteur sur ces questions-là. Pousser l’État à agir mais aussi la Métropole de Lyon, et faire en sorte que ces problèmes soit résolu et que l’accueil des jeunes enfants puisse se faire
dignement.
Comment êtes vous arrivé à L’UNICEF, vocation ou hasard ?
Geneviève A. – Evidemment tout un parcours de vie professionnelle m’a mené ici, mais plus jeune, j’ai toujours été très attirée par la coopération internationale et solidarité internationale. À tel point que je me suis engagé à l’âge de 17 ans sur les questions de la lutte contre la pollution en occurrence nucléaire, mais également pour la question des droits de la femme, donc de l’enfant, la solidarité international mais également l’écologie et l’auto gestion, c’est à dire la capacité en tant que citoyen de s’engager. C’est donc effectivement un parcours de vie, c’est-à-dire que je me suis retrouvé avec ce que vous appelez de la passion, ou en tout cas l’envie de contribuer de façon robuste à quelque chose qui dans la société peut être changé. Si nous ne sommes pas tout seul, nous pouvons soulever des montagnes. Mais cela veut dire qu’il faut aussi être en capacité de ne jamais baisser les bras, comme on dit à L’UNICEF.
J’ai eu la chance tout au long de mon parcours professionnel d’être engagée dans le monde associatif. C’est pour moi une richesse de la société, prendre soin de soi-même mais aussi de ses camarades et contribuer à faire grandir une société plus inclusive, accueillante tout en prenant en compte les conflits et les gérer.
Il se trouve que pendant les 20 dernières années de ma vie professionnel, je travaillais à la métropole de Lyon. D’abord au cabinet du président sur le développement humain durable des territoire. Dans ce cadre là, nous avons lors du sommet mondial de Johannesburg, organisé des dialogues en humanité sous les arbres à palabres du parc de la Tête d’or.
Chaque année venait des milliers de personnes qui étaient porteuse d’initiative positives dans tous les domaines de la vie sociale, environnementale et politique ou associative. L’UNICEF y venait systématiquement faire des ateliers de sensibilisation aux droits de l’enfant et donc décidant de prendre ma retraite, l’ancienne président était venu me dire qu’ils cherchaient quelqu’un. J’avais pensé dire non et finalement on peut difficilement refuser une cause pareille.
As-tu des attentes particulières pour ton stage ?
Louise T. – Tout d’abord je souhaite apprendre et me rendre utile, ce sont mes premiers objectifs. Ensuite apprendre des choses, notamment sur les relations collectivités territoriales va dans le sens de mon futur parcours scolaire ainsi que les relations au niveau collégial et l’entraide dans l’associatif. De plus, explorer des modèles dit plus « alternatif » de ce que l’on voit en entreprise.
Votre plaidoyer consiste à faire évoluer les politiques publiques et les lois afin de garantir le respect et l’application des droits de l’enfant aux niveaux territorial, national et international. Pourriez vous nous partager une action qui vous a marqué de part son impact ces quatre dernières années ?
Ce qui m’a le plus marqué à l’Unicef, c’est la capacité de quelques étudiants à prendre la main, avec leur savoir être, tout en s’emparant des premières propositions de la commission jeunesse climat au niveau national et au niveau de la France et de l’appliquer dans une école et dans un centre de loisirs à Givors.
Cette ville paraît loin et les anciens bénévoles de l’Unicef ne trouvait pas facule de s’y rendre. De ce fait, j’ai trouvé extrêmement stimulant de voir comment des jeunes, une jeune femme qui avait fini ses études d’ingénieur en environnement, qui avait donné la base de cet action avec en réciprocité avec l’équipe jeunesse climat au niveau national. De fils en aiguille les uns et les autres ont cherché à trouver des solutions dans ce s’entre de loisirs et semaine après semaine sont intervenue pour sensibiliser à l’impact sur les droits de l’enfant que le climat avec les inondations, la canicule infligeait au enfants. Les enfants ne pouvait alors pas accéder à l’éducation, y compris chez nous, donc évidemment encore pire dans d’autres parties du monde, par exemple au Népal, aux grandes migrations dans les pays du Sahel ou encore aux Moyen-Orient où les conflits sont inhérents aux enjeux écologique, climatique et de biodiversité.
Cette action très concrète, avec une des étudiantes qui s’était formée en volontariat au service civique, est allée jusqu’à y ajouter des dimensions sensibles. Par exemple, elle a emmené son violon et en accompagnant l’autre jeune femme qui était ingénieur, mais toujours dans le sensible.
Je crois que cette action a beaucoup touché, et les retours que nous avons eu étaient excellent. Une toute petite action ponctuel dans un quartier priorité de la ville. La question posée était comment agir concrètement sans développer de l’eco-anxiété. La réponse à ça, c’est de rentrer dans l’action, de comprendre, d’analyser les situations et aussi d’être être capable de rentrer dans l’action et encore mieux lorsque le corps, le cœur, la poésie ou la musique font partie de cette façon de grandir
Auriez vous des conseils pour les plus jeunes qui veulent s’engager auprès de l’UNICEF ?
Geneviève A. – Tout d’abord, rester curieux aux enjeux humanitaire, sans pour autant se faire prendre dans ce syndrome du sauveur blanc, comme abordé lors d’un colloque organisé par une antenne jeune l’année passée. Dont l’exemple de Givors, où toutes les cases sur l’émancipation créatrice des enfants par eux-mêmes ont été cochées.
Un conseil aux étudiants aujourd’hui serait de s’intéresser de l’intime aux planétaire, en essayant d’être acteur et actif de sa vie, de la société et des engagements sur lesquels on sent qu’il est possible de faire bouger quelque chose. C’est à partir d’une toute petite action que l’on peut vraiment intervenir et avoir des résultats constructif et robuste dans la durée. C’est l’habitabilité de la terre comme on dit aujourd’hui, qui est une façon de s’inscrire sur le territoire dans la vie réel. Il y a encore tellement a dire comme par exemple prendre plaisir à étudier, j’ai personnellement eu l’occasion de voir cela avec mon ami Edgar Morin qui a écrit un livre quelques mois avant de partir à 104 ans. C’est donc un engagement complet et qui n’empêche pas de s’amuser.
Louise T. – Personnellement, j’ai longtemps eu des actions politiques sans être dans des structures et le fait d’être entouré de personnes pour en parler et d’avoir l’impression d’agir matérialise l’engagement et nous fait sentir moins seul. Cela permet de mettre en place des actions et de se
sentir utile ce qui fait du bien.

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